Les points essentiels à connaître avant de vous aligner
- En 2026, le règlement officiel annonce 21,6 km pour 1 610 m D+ et un départ à Bédoin le 5 juillet à 8h00.
- La barrière clé est au Chalet Reynard, au km 15, à franchir en 2h30 max, avec un temps limite global de 3h40.
- L'inscription se fait en ligne, avec PPS valide de moins de 3 mois ou licence acceptée, et la licence triathlon n'est pas acceptée.
- Le prix affiché est de 45 € + 2 € de frais de gestion, et la navette retour du sommet vers Bédoin est une option payante à 5 €.
- Les bâtons sont interdits et il faut prévoir de quoi se couvrir au sommet, où la météo peut changer vite.
Ce que représente vraiment cette course
Sur le papier, on parle d'un semi-marathon. Sur le terrain, on parle d'une montée continue qui ne laisse presque aucun répit. Le règlement 2026 décrit une course sur route ouverte aux juniors, espoirs, seniors et masters, avec départ au cœur de Bédoin et arrivée au sommet du Ventoux, à 1 910 m d'altitude. En pratique, ce format change tout : la gestion de l'effort compte plus que la vitesse pure, et le moindre départ trop généreux se paie très cher dans la seconde moitié du parcours.
Je considère ce rendez-vous comme une épreuve de patience. Le départ de Bédoin impose déjà de trouver un rythme utile, mais sans se griller avant le Chalet Reynard. La route est fermée à la circulation pendant la course, il n'y a ni suiveur à vélo ni véhicule motorisé autorisé sur le parcours, et cela renforce le côté isolé de l'effort. On n'est pas dans un semi urbain où l'on peut se cacher derrière un peloton régulier : ici, on est seul face au relief.
- Ce n'est pas un semi roulant : l'allure au kilomètre a peu de sens quand la pente varie sans cesse.
- Ce n'est pas une course à l'improvisation : le relief, la chaleur et le vent imposent une stratégie.
- Ce n'est pas une arrivée anodine : le sommet peut être nettement plus froid et venteux que le départ.
C'est précisément cette combinaison qui rend l'épreuve si particulière. Pour la comprendre vraiment, il faut regarder le parcours dans le détail, pas seulement sa distance nominale.

Le parcours et ses chiffres utiles
Le point à clarifier d'emblée est important : en 2026, le règlement officiel parle de 21,6 km et non de 21,1 km, pour 1 610 m de dénivelé positif. Ce n'est pas une nuance cosmétique. Sur une course aussi exigeante, 500 mètres de plus et une pente entretenue pendant tout l'effort peuvent modifier la perception de l'épreuve, la tactique de ravitaillement et la gestion mentale.
| Repère | Valeur officielle 2026 | Ce que cela change |
|---|---|---|
| Distance | 21,6 km | On est sur un semi allongé, avec une fin plus lourde qu'un 21,1 km classique. |
| Dénivelé positif | 1 610 m D+ | L'effort est dominant en montée continue, pas en vitesse de plat. |
| Départ | Bédoin, 8h00 | Le départ est matinal, mais la chaleur peut déjà monter en Provence. |
| Arrivée | Sommet du Mont Ventoux, 1 910 m | Le vent et la fraîcheur peuvent surprendre même après un départ chaud. |
| Ravitaillements | Km 6, 11, 15, 18 et arrivée | On peut construire sa course autour de 2 à 4 prises utiles, pas plus. |
| Barrière horaire au km 15 | 2h30 | C'est le vrai point de passage tactique. |
| Temps limite | 3h40 | Au-delà, les arrivants ne sont plus classés. |
Je conseille de raisonner en effort perçu, c'est-à-dire la sensation réelle d'intensité, plutôt qu'en allure moyenne. Sur le Ventoux, le kilomètre ne raconte pas grand-chose à lui seul : deux portions à pente différente peuvent changer complètement le coût énergétique. Si vous partez trop vite dans les premiers kilomètres, vous n'achetez pas du temps, vous empruntez de la fatigue.
Le second point stratégique, c'est la fin du parcours. Passé le Chalet Reynard, l'ambiance change souvent brutalement : moins d'abri, plus d'exposition, et une sensation de progression parfois trompeuse. C'est là que beaucoup de coureurs découvrent qu'un semi de montagne ne se gère ni comme un 10 km, ni comme un trail technique, mais comme une longue montée régulière à très forte dette musculaire. Et c'est exactement pour cela que le règlement mérite d'être lu avec autant d'attention que le profil.
Le règlement 2026 et les conditions d'inscription
Le cadre administratif est simple, mais il ne pardonne pas l'approximation. L'inscription se fait uniquement en ligne et le dossier n'est validé qu'avec un PPS valide ou une licence autorisée. Le PPS, c'est le Parcours Prévention Santé demandé par la FFA ; il doit avoir été réalisé au maximum trois mois avant la date de la course. Le règlement précise aussi que la licence triathlon n'est pas acceptée, point que je vois souvent mal anticipé par des coureurs habitués aux formats multi-sports.| Point | Règle officielle 2026 | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Tarif d'inscription | 45 € | Prévoir aussi 2 € de frais de gestion. |
| Dossards disponibles | 1 500 | Il vaut mieux s'inscrire tôt si vous avez une cible précise. |
| Navette retour | 5 € | Option payante, à prendre au moment de l'inscription. |
| Transfert ou revente | Jusqu'au 15 juin 2026 à 23h59 via la plateforme officielle | Aucun échange direct de dossard n'est autorisé. |
| Bâtons | Interdits | Il faut courir avec un geste et une stratégie purement pédestres. |
| Sécurité | Présence médicale et possibilité de mise hors course | Le médecin peut arrêter un coureur si son état semble compromis. |
Je retiens surtout trois choses. D'abord, le dossier doit être complet dès l'inscription, sinon vous perdez du temps pour rien. Ensuite, le dossard n'est pas un objet librement échangeable entre coureurs : les transferts et reventes passent par le circuit officiel et dans les dates prévues. Enfin, la logistique du retour ne doit pas être improvisée, parce que la navette n'est pas incluse et que les bus partent quand ils sont remplis, pas quand cela vous arrange.
Une fois ces règles comprises, le vrai sujet devient la préparation. C'est là que beaucoup d'abandons se dessinent bien avant le départ.
Comment préparer une montée de 21,6 km sans exploser avant Chalet Reynard
Si je devais résumer la préparation en une phrase, je dirais ceci : il faut apprendre à durer. Pour ce type d'épreuve, je préfère un plan simple et cohérent à une accumulation de séances trop intenses. Sur huit à douze semaines, si vous partez déjà avec une base correcte, l'objectif est de développer l'endurance spécifique en côte, de renforcer les jambes et de tester l'alimentation en course.
Construire un moteur d'endurance
Je recommande au moins une séance hebdomadaire qui simule la logique du Ventoux : montée continue, effort stable, et durée suffisante pour faire monter la fatigue. Une sortie de 1h45 à 2h30 avec du relief, ou un bloc de 45 à 90 minutes en côte régulière, est souvent plus utile qu'un travail très rapide sur des pentes courtes. Sur cette course, la VMA ascensionnelle compte, c'est-à-dire votre capacité à soutenir une montée à intensité élevée sans basculer dans l'explosion, mais elle ne suffit pas : il faut surtout de l'endurance musculaire.Je conseille aussi de garder une deuxième séance qualité dans la semaine, plus légère, pour travailler le seuil. Le seuil, c'est l'intensité que vous pouvez tenir longtemps sans vous mettre dans le rouge. C'est un excellent repère pour le Ventoux, parce qu'il vous apprend à rester propre dans l'effort, même quand la pente vous oblige à ralentir.
Renforcer les jambes et le tronc
Le dénivelé positif use les quadriceps, les fessiers et les mollets, mais il expose aussi le buste si le gainage est faible. Le gainage, c'est la capacité à garder un tronc stable quand la fatigue s'installe. Deux séances de renforcement par semaine peuvent vraiment changer la donne, même si elles restent courtes : fentes, squats, step-ups, travail de mollets et exercices de stabilité suffisent souvent à faire la différence.
Je vois beaucoup de coureurs sous-estimer ce point parce qu'ils pensent uniquement en kilomètres. Sur le Ventoux, la résistance mécanique compte presque autant que le cardio. Si vos jambes se dégradent après 75 ou 90 minutes de montée, vous perdrez plus de temps que ce que vous imaginez sur les derniers kilomètres.
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Tester la nutrition et l'allure de course
Le parcours propose plusieurs ravitaillements, mais il serait dangereux de tout miser sur eux. Je préfère que les coureurs testent à l'entraînement ce qu'ils boivent et ce qu'ils mangent, plutôt que de découvrir le jour J qu'un gel passe mal ou qu'une boisson est trop sucrée. Le bon réflexe n'est pas de consommer plus, mais de consommer ce que le corps tolère déjà en effort.
Sur l'allure, mon conseil est net : partez en retenue. Les dix premiers kilomètres servent à économiser du crédit musculaire, pas à impressionner qui que ce soit. Si vous avez un objectif de temps, il doit être construit autour du point km 15, pas autour du départ. Tant que vous arrivez au Chalet Reynard avec du contrôle, vous gardez une vraie chance de finir fort.
Quand la préparation est cadrée, la différence se fait ensuite sur la logistique du jour J, et sur la manière dont vous gérez les petites choses qui paraissent secondaires avant le départ.
Le jour J, la logistique compte presque autant que les jambes
Je conseille d'arriver à Bédoin avec une organisation déjà réglée la veille. Le retrait des dossards est prévu à partir du samedi 4 juillet de 12h à 19h, avec une permanence le dimanche de 6h à 7h30, place de la République. La consigne peut être déposée le samedi ou le dimanche, au plus tard 1h avant le départ, et elle est acheminée vers l'arrivée. Cela paraît anodin, mais ce confort évite de courir crispé avec un sac inutile ou de chercher une solution de dernière minute au sommet.
- Prévoyez une couche chaude : au sommet, la température peut être bien plus basse qu'à Bédoin.
- Pensez à l'eau et au soleil : le règlement conseille une réserve d'eau et de quoi se protéger selon les conditions annoncées.
- Ne comptez pas sur les bâtons : ils sont interdits.
- Anticipez le retour : la navette du sommet vers Bédoin est payante et fonctionne en fonction du remplissage.
Le point à ne pas rater, c'est le transport après l'arrivée. Si vous n'avez pas pris l'option navette, vous devez prévoir votre redescente autrement. Je le dis franchement : beaucoup de coureurs pensent à l'arrivée, moins à l'après-course, alors que c'est souvent le moment où la fatigue, l'attente et le froid se cumulent. Si vous venez avec des proches, il faut aussi qu'ils anticipent les fermetures de route et l'accès aux secteurs d'observation, notamment sur le flanc de la D974.
Cette course récompense les profils organisés. Pas forcément les plus rapides sur 10 km, mais ceux qui savent préparer leur effort, leur matériel et leur retour avec la même rigueur.
Ce qu’il faut garder en tête avant de s’engager sur le Ventoux
Je résume ma lecture du règlement et du parcours en trois questions simples : êtes-vous capable de gérer une montée longue sans vous emballer, avez-vous vos papiers et votre logistique en ordre, et acceptez-vous que la météo du sommet puisse changer la sensation de course en quelques minutes ? Si la réponse est oui, l'épreuve devient beaucoup plus lisible. Si la réponse est non, il vaut mieux encore travailler quelques semaines avant de vous aligner.
Ce que j'aime dans ce format, c'est qu'il ne triche pas. Il récompense la lucidité, le dosage et la préparation. On ne gagne pas le Ventoux avec de belles intentions, mais avec une course propre, une montée maîtrisée et une vraie capacité à encaisser les derniers kilomètres sans s'effondrer. C'est une épreuve rude, oui, mais c'est aussi ce qui la rend aussi marquante pour celles et ceux qui la terminent.