Ce texte se concentre sur le maratrail des passerelles, son parcours, ses règles d’accès et ce qu’il faut vraiment préparer pour arriver au départ serein. Je vais aller droit au but: à qui cette course convient, ce que le règlement impose en 2026 et comment éviter les erreurs qui coûtent du temps, du confort ou un dossard. Sur un 40 km avec 2 100 m de dénivelé positif, la différence se fait rarement sur la vitesse brute; elle se joue surtout sur la gestion de l’allure, du matériel et des passages techniques.
Les essentiels à garder en tête avant le départ
- Le format officiel fait 40 km pour 2 100 m D+, avec départ et arrivée à Treffort.
- Le profil de course est exigeant: le km-effort monte à 61, ce qui demande une vraie gestion d’endurance.
- Le parcours enchaîne lac, alpages et deux passerelles himalayennes, mais il est interdit d’y courir.
- Le dossier d’inscription doit être complet: licence FFA éligible ou PPS, et autorisation parentale pour les mineurs.
- Le gobelet réutilisable est obligatoire, et la réserve d’eau demandée est de 1,5 L sur ce format.
- Les barrières horaires, les ravitaillements et les zones d’assistance sont encadrés strictement.
Ce que représente vraiment ce 40 km en montagne
Je regarde toujours un trail de ce type avec trois lunettes: la distance, le dénivelé et le km-effort, c’est-à-dire la distance additionnée d’une partie du D+ pour approcher la difficulté réelle. Ici, on est sur 40 km et 2 100 m de D+, soit un km-effort de 61. Ce n’est pas un ultra, mais ce n’est clairement pas un 40 km roulant non plus.
| Repère | Donnée 2026 | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| Distance | 40 km | Gestion d’effort sur la durée, pas un départ au sprint |
| Dénivelé positif | 2 100 m | Les montées pèsent autant que les descentes sur la fin de course |
| Départ | Treffort, base nautique | Un départ lisible, mais avec une densité de coureurs à bien gérer |
| Vagues | 7 h 15 et 7 h 30 | Le rythme doit rester posé dès les premiers kilomètres |
| Ravitaillements | 5 sur le parcours, plus l’arrivée | Autonomie à construire entre les points |
| Dossards | 1 200 prévus | Une course qui se remplit vite, donc on ne s’inscrit pas à la dernière minute |
Ce que j’en retiens, c’est qu’on cherche ici un coureur capable de tenir une allure régulière, d’encaisser des montées longues et d’arriver encore lucide au dernier tiers. La suite logique, c’est de comprendre le terrain, parce que ce parcours a une personnalité très marquée.

Le parcours entre lac, alpages et passerelles
Le tracé relie Treffort à Treffort, mais le détour vaut largement la boucle. On traverse d’abord les bords du lac avant de basculer vers Trièves et Matheysine, puis viennent les passages qui donnent son identité à l’épreuve: les deux passerelles himalayennes, l’ascension du Sénépi, le secteur de Mayres-Savel et le retour par le versant de Côte Rouge.
La séquence est intéressante parce qu’elle mélange des zones roulantes, des rampes plus sérieuses et des portions où il faut accepter de perdre un peu de vitesse pour garder de la fraîcheur. À mon sens, c’est là que beaucoup de coureurs se trompent: ils pensent “40 km”, alors que la vraie difficulté est la succession de ruptures de rythme et la fatigue musculaire accumulée sur les descentes.
Comme souvent sur ce type de terrain, la distance et le D+ restent indicatifs: l’organisation peut ajuster légèrement le tracé selon les contraintes du site et les conditions du moment. Je préfère savoir ça dès le départ plutôt que de construire une stratégie trop rigide sur un parcours supposé figé.
Pourquoi les passerelles changent la lecture de la course
Sur les passerelles, je conseille de raccourcir la foulée et d’oublier l’idée de performance pure. Le règlement interdit d’y courir, et c’est cohérent: on n’est pas sur une portion à avaler, mais sur un passage à sécuriser. L’important est de rester fluide, de garder les appuis stables et de ne pas transformer ce moment en coup de stress inutile.
Où la course se joue vraiment
Le vrai tri se fait souvent entre la montée du Sénépi et le retour vers Treffort. C’est là que les jambes parlent, que l’alimentation doit déjà être lancée et que l’allure doit rester sous contrôle. Si vous arrivez encore propre à ce stade, vous avez probablement bien géré le début. Cette logique de course mène naturellement au règlement, parce qu’ici le terrain et les règles de sécurité sont étroitement liés.
Les règles d’accès à respecter en 2026
Pour une épreuve chronométrée comme celle-ci, je recommande de vérifier son dossier bien avant le retrait du dossard. En 2026, l’inscription n’est pas seulement une question de place disponible: il faut aussi être en règle administrativement, et le règlement ne laisse pas beaucoup de place à l’approximation.
| Profil | Justificatif accepté | Point d’attention |
|---|---|---|
| Majeur | Licence FFA éligible ou PPS valide | Le PPS est payant et doit être valable le jour de la course |
| Mineur | Licence éligible ou questionnaire de santé via PPS | Autorisation parentale datée et signée obligatoire |
| Tous les coureurs | Dossier complet avant retrait du dossard | Sans dossier complet, pas de remise de dossard |
Le point qui surprend encore beaucoup de monde, c’est que certaines anciennes licences ou attestations ne suffisent plus. Je conseille donc de partir du principe suivant: si le document n’est pas explicitement accepté pour cette course, il vaut mieux le faire vérifier avant le jour J. Le retrait du dossard est déjà assez contraint pour ne pas y ajouter un problème administratif.
- Le dossard ne part pas par courrier.
- On peut retirer celui d’un proche avec sa pièce d’identité et son pass dossard.
- Le transfert gratuit se fait uniquement via la procédure officielle.
- Si vous changez d’idée, faites-le avant le 1er juillet 2026 à 12 h.
En pratique, je considère cette partie comme un filtre de sérieux: plus le dossier est propre tôt, plus le départ se passe sereinement. Le point suivant porte justement sur ce que vous devez avoir sur vous, car le règlement matériel est tout aussi concret.
Matériel, ravitaillements et assistance sur le terrain
Sur ce 40 km, je ferais simple: partez avec un kit testé à l’entraînement, pas avec une liste “optimiste” qui n’a jamais servi en sortie longue. Le règlement impose un gobelet réutilisable et une réserve d’eau de 1,5 L pour le format maratrail, ce qui est déjà un bon signal sur l’autonomie demandée. Aucun gobelet n’est fourni aux ravitaillements.
| Élément | Pourquoi c’est important |
|---|---|
| Gobelet réutilisable | Obligatoire, sans exception utile au ravitaillement |
| Réserve d’eau 1,5 L | Permet de tenir entre deux points sans paniquer si la chaleur monte |
| Réserve alimentaire | Indispensable pour éviter le creux d’énergie sur la seconde moitié |
| Coupe-vent | Le relief et l’altitude peuvent changer rapidement la sensation thermique |
| Téléphone chargé | Élément de sécurité, pas un accessoire de confort |
| Bâtons | Autorisés, mais à gérer correctement au départ et dans les zones sensibles |
Les bâtons sont autorisés, mais ils doivent être portés correctement au départ, notamment s’ils sont télescopiques ou pliables. C’est un détail, pourtant il évite des gestes parasites dans les premiers mètres. Autre point que je trouve capital: l’assistance n’est autorisée que dans les zones matérialisées, près des ravitaillements. L’aide “au bord du sentier”, elle, peut coûter cher.
- Assistance extérieure ou ravitaillement hors zone: 15 minutes de pénalité.
- Courir sur les passerelles himalayennes: 15 minutes de pénalité.
- Déchets jetés volontairement, manque de respect, triche ou refus de contrôle antidopage: exclusion.
Le contrôle du chronométrage compte aussi: si la puce n’est pas détectée à un point de passage, le classement peut sauter. Et si je devais résumer la philosophie du règlement en une phrase, ce serait celle-ci: sur ce trail, l’organisation vous aide beaucoup, mais elle attend aussi de vous une discipline réelle. C’est précisément ce qui rend la préparation utile.
Comment préparer la course sans vous cramer
Je n’aime pas les plans d’entraînement trop théoriques pour ce type de trail. Ce qui marche le mieux, c’est une préparation simple, répétée et spécifique: du dénivelé, de la durée, des descentes, et un travail de nutrition qui commence avant la fatigue. Si vous avez déjà une base d’endurance, comptez souvent 8 à 12 semaines de travail ciblé; si vous partez de plus loin, il vaut mieux viser plus large.
Bâtir l’endurance spécifique
Je privilégie une sortie longue hebdomadaire et une séance plus courte orientée côtes ou tempo. L’idée n’est pas de “faire le plus de kilomètres possible”, mais de simuler la contrainte du jour J: durée supérieure à deux heures, pente, relances et descentes. Une sortie qui se termine encore propre vaut mieux qu’un gros volume mal digéré.
Tester la nutrition avant la course
Sur le terrain, je vise en général 30 à 60 g de glucides par heure si la tolérance digestive est bonne, avec une hydratation ajustée à la chaleur et à la transpiration. Ce n’est pas la formule magique, mais c’est une base raisonnable pour éviter la panne. Le plus important reste de tester exactement la boisson, les gels ou les solides à l’entraînement, jamais le jour de course.
Lire aussi : Trail des Fiz - Bien choisir son format et réussir sa course
Éviter les erreurs que je vois le plus souvent
- Partir trop vite parce que les premiers kilomètres sont “faciles”.
- Sous-estimer la casse musculaire des descentes.
- Boire peu entre les ravitaillements puis vouloir rattraper d’un coup.
- Découvrir un nouveau sac, une nouvelle chaussure ou un nouveau gel en course.
- Oublier que la chaleur et l’exposition peuvent peser autant que le D+.
Quand cette base est en place, le reste devient plus lisible: vous savez quand accélérer, quand marcher et quand manger. Il reste alors les derniers réglages, ceux qui paraissent secondaires mais qui font souvent gagner une vraie sérénité au départ.
Les derniers réglages qui font la différence au départ
Dans les trois derniers jours, je vérifierais d’abord le dossier: licence ou PPS, pièce d’identité si nécessaire, et confirmation de retrait du dossard. Ensuite je mettrais de côté le matériel sans improvisation: gobelet, réserve d’eau, alimentation de course et tenue adaptée à la météo. Enfin, je relirais les barrières horaires et les temps de passage avec un état d’esprit simple: ne pas les subir, mais savoir où elles se situent.
Je ferais aussi un choix de course très clair. Si votre objectif est de finir proprement, vous n’avez pas besoin d’une allure héroïque dans la première heure; vous avez besoin d’un effort régulier, d’une alimentation bien calée et d’une marche assumée dans les murs les plus raides. Sur ce format, la sobriété paie plus souvent que l’enthousiasme.
Au fond, cette course récompense les coureurs qui arrivent préparés sans être surexcités: ceux qui savent lire le terrain, respecter le règlement et accepter qu’un bon trail se gagne parfois en ralentissant au bon moment.